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Catherine des grands chemins - Бенцони Жюльетта - Страница 83
Le combat etait acharne. Les deux hommes semblaient de force sensiblement egale, Pierre de Breze avait l'avantage de la taille, d'une puissance sans doute superieure, mais Cadet Bernard se rattrapait grace a une souplesse etonnante. Il avancait et reculait avec la rapidite d'un serpent. La lourde epee semblait le prolongement meme de son corps maigre. Les souffles rapides des combattants emplissaient la nuit.
Adossee au tronc rugueux de l'arbre, Catherine tentait de calmer les battements desordonnes de son c?ur. Si Pierre etait tue, elle ne se le pardonnerait pas, et pas davantage si c'etait Cadet Bernard car elle aurait l'impression d'avoir atteint Arnaud a travers lui. De toute maniere, si l'un d'eux mourait elle serait deshonoree, chassee de la cour. Tout le poids de sa faute retomberait sur son fils... L'avenir de Michel ferait les frais de la conduite de sa mere.
Elle se tordit les mains, reprimant un sanglot.
— Ayez pitie, Seigneur ! supplia-t-elle. Faites quelque chose pour arreter ce combat.
Mais rien ne venait du chateau muet, a peine eclaire a cette heure tardive. Pourtant le choc des larges lames avait l'air d'emplir la nuit. Il sonnait aux oreilles de Catherine affolee comme un bourdon de cathedrale. Comment pareil vacarme n'attirait-il pas de curieux, ne fut-ce que la ronde des guetteurs ?
Et, soudain, il y eut un faible cri auquel celui de Catherine fit echo.
Pierre, touche a l'epaule, venait de glisser dans l'herbe. Cadet Bernard recula, baissa son epee. Deja Catherine se precipitait vers le blesse. Il avait porte la main a la blessure et des filets de sang striaient deja cette main tandis qu'une grimace de souffrance tordait son beau visage.
— Vous l'avez tue ! balbutia la jeune femme desesperee. Il va mourir.
Mais Pierre se redressait sur un coude, essayait de sourire.
— Non, Catherine !... Il ne m'a pas tue. Rentrez au chateau, rentrez vite et ne dites rien a personne.
— Je ne vous laisserai pas.
— Mais si ! Je n'ai rien a craindre... Il m'aidera, ajouta-t-il en designant son adversaire de la tete.
— Pourquoi vous aiderait-il alors qu'il desire uniquement votre mort ?
Dans l'ombre, les dents de loup du Gascon etincelerent.
Froidement, il essuyait son epee, la remettait au fourreau.
— Vous ne connaissez vraiment rien aux hommes, ma chere.
Insinuez-vous que le pourrais l'achever ? Vous me prenez pour un boucher ! Votre amoureux a eu la lecon qu'il meritait, j'espere qu'il se le tiendra pour dit, voila tout ! Rentrez chez vous et taisez-vous. Je m'occuperai de lui.
Il se penchait deja pour aider le blesse a se relever. Mais Pierre le retint d'un geste.
— Dans ce cas, je refuse. Jamais je ne renoncerai a elle, sire Bernard. Aussi bien, il vous faudra me tuer.
Eh bien je vous tuerai plus tard !... quand vous serez remis, fit tranquillement Bernard. Rentrez maintenant, dame Catherine, ajouta-t-il sechement, et laissez-moi faire ! Je vous souhaite la bonne nuit.
Domptee par cette voix imperieuse, elle s'eloigna lentement, quitta le verger, clos de murs, franchit le haut portail encore ouvert qui le faisait communiquer avec la cour du chateau sans trop savoir ou elle allait. Elle brulait de honte et d'humiliation. Son instinct seul la guidait, mais, en arrivant chez elle, ce fut pour trouver Sara debout au seuil de la porte. La honte se changea en colere a cette vue.
Elle lui jeta un regard furieux.
— Qui a envoye Cadet Bernard au verger ? Est-ce toi ?
Sara haussa les epaules.
— Tu es folle ? Je ne savais meme pas qu'il etait revenu.
Decidement, ce Breze t'a tourne la tete. Tu deraisonnes et, ma parole...
— Je te fais grace de tes remarques. Oui, on a tente de me le tuer ce soir. Cadet Bernard s'est battu avec lui... il l'a blesse. Mais vous perdez votre temps, tous tant que vous etes, parce que vous ne nous separerez pas ! Je l'aime, tu entends ? Je l'aime et je serai a lui quand je voudrai. Et le plus tot sera le mieux !
— C'est bien mon avis, jeta Sara froidement. Tu te comportes exactement comme une bete en chaleur. Il te faut un homme, tu as trouve celui-la : garde-le ! Quant a ton amour pour lui, je n'en crois rien. Tu te joues la comedie a toi-meme, Catherine. Et tu sais bien que tu mens.
Tournant les talons, Sara regagna sa petite chambre dont elle ferma soigneusement la porte derriere elle. Stupefaite par la violence de sa sortie, Catherine regarda cette porte close avec une sorte d'hebetude.
Quelque chose se noua dans sa gorge. Elle eut envie de courir a ce battant muet, de l'ebranler a coups de poing, de faire sortir Sara... Elle avait une envie enfantine de pleurer, de retrouver un instant le sur asile des bras de sa vieille amie. Cette brouille qui les separait lui faisait plus de mal qu'elle ne voulait l'admettre. Elle s'en etait defendue par l'orgueil et voila que, tout a coup, l'orgueil paraissait bien fragile. Il y avait, entre elles, tant d'annees d'affection, tant d'epreuves subies ensemble, tant de vraie tendresse ! Sara, peu a peu, avait pris la place de sa mere et Catherine avait l'impression d'etre amputee d'une partie d'elle-meme.
Elle fit quelques pas vers la porte, leva la main pour frapper. Aucun bruit ne se faisait entendre de l'autre cote... Mais, sur l'ecran de sa memoire, elle revit Pierre blesse, elle entendit sa voix qui parlait d'amour... Si elle laissait faire Sara, celle-ci saurait l'arracher au jeune homme. Or Catherine ne voulait pas perdre ce fragile bonheur qu'elle n'attendait plus. Lentement, sa main retomba le long de sa robe.
Demain, elle irait au chevet de Pierre, elle le soignerait elle-meme et tant pis si l'on voyait dans son attitude un presage d'union prochaine.
Apres tout, qui donc pourrait l'empecher de devenir la dame de Breze
? Pierre la suppliait d'accepter et elle finissait par en avoir envie, ne serait-ce que pour mettre l'irreparable dans sa vie. Muree dans son entetement, elle revint vers son lit, s'y laissa tomber.
Le dernier regard qu'elle jeta vers la porte close etait un regard de defi.
L'apres-midi etait deja bien avance lorsque Catherine, quittant sa chambre, se dirigea vers la tour polygonale ou Pierre de Breze avait son logis. Elle avait pretexte une migraine pour ne pas suivre la reine Marie et les autres dames dans le verger, ou elles avaient projete de passer quelques heures en ecoutant les chansons d'un menestrel et en jouissant de la douceur du soleil.
A vrai dire, la migraine n'etait meme pas un mensonge. Depuis le matin, un cercle de fer serrait les tempes de Catherine. Elle avait affreusement mal dormi et le reveil tard dans la matinee avait ete penible. En effet, elle avait eu beau appeler Sara, personne n'avait repondu et quand, inquiete sans vouloir l'avouer, elle s'etait decidee a franchir la porte si bien close la veille, elle avait trouve le reduit a robes vide de toute presence humaine. Il n'y avait personne, mais, sur un coffre, bien en evidence, un morceau de parchemin.
Elle n'avait d'abord ose le toucher qu'a peine du bout des doigts, le c?ur soudain serre, comme si elle avait craint ce qu'il renfermait... ce qu'elle devinait deja. Les quelques mots traces par Sara, d'une grosse ecriture maladroite l'avaient a peine surprise : « Je retourne a Montsalvy... Tu n'as plus besoin de moi... »
La douleur qui l'avait traversee avait ete si cruelle qu'elle avait du s'adosser au mur, les yeux fermes pour la laisser se calmer. Mais sous les paupieres closes les larmes avaient deborde, brulantes, pressees...
Comme elle se sentait seule, tout a coup, abandonnee... presque meprisee ! Hier, elle avait du supporter le regard vert, charge de dedain du comte de Pardiac. Et, ce matin, Sara la fuyait ; comme si, d'un seul coup, le lien qui les unissait l'une a l'autre avait ete tranche...
Ce lien, Catherine comprenait maintenant qu'il avait ses racines au plus sensible de son c?ur. Sa rupture la laissait amputee d'une partie d'elle-meme... une partie qui pouvait bien etre l'estime de soi.
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