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Catherine des grands chemins - Бенцони Жюльетта - Страница 99
— Alors, laissez-le s'y rendre comme il l'entend, et seul.
— Et s'il guerit ? Dois-je aussi le laisser partir, loin de moi, se faire tuer en combattant les Infideles ?
— Que faisaient d'autre les femmes des anciens Croises ?
— Certaines partaient avec eux. Moi, je veux retrouver l'homme que j'aime, lanca Catherine avec, dans sa voix, une note de passion si sauvage que l'abbe detourna les yeux, froncant legerement les sourcils.
— Et... s'il ne guerit pas ? dit enfin l'abbe. C'est une grace rare, qui ne s'obtient pas facilement.
Il y eut un silence. Jusque-la, les repliques de Catherine et de l'abbe s'etaient croisees a cadence rapide, comme les epees de deux duellistes. Mais les derniers mots evoquerent la grande terreur du mal maudit. Un frisson parcourut l'echine de tous les assistants. Catherine se leva, marcha jusqu'au grand christ en croix qui ouvrait ses bras decharnes au mur de la salle capitulaire.
— S'il ne guerit pas, je resterai avec lui, vivant tant qu'il vivra, mourant de son mal, mais avec lui, dit-elle fermement, les yeux fixes a la croix comme pour la prendre a temoin.
— Dieu defend le suicide. Vivre avec un lepreux, c'est chercher la mort volontaire, objecta l'abbe sechement.
— J'aime mieux vivre avec lui lepreux qu'avec le reste du monde en bonne sante. J'aime mieux la mort
avec lui que la vie sans lui... et meme la damnation si c'est offenser Dieu qu'aimer au-dela de soi-meme !
La voix de l'abbe tonna tandis que sa main maigre se levait vers le ciel :
— Taisez-vous ! La passion humaine vous fait offenser Dieu plus surement encore ! Repentez-vous, si vous voulez etre exaucee, et songez que les cris de l'amour charnel insultent a la purete de Dieu.
— Pardonnez-moi... Mais je ne puis mentir quand il s'agit de tout ce qui fait ma vie, ni parler autrement. Repondez-moi seulement, mon pere. Acceptez-vous de me remplacer a Montsalvy, de proteger encore les miens, d'etre le seigneur en meme temps que l'abbe jusqu'a mon retour ?
— Non !
Le mot avait claque, net, definitif.
De nouveau le silence, etouffant. Derriere Catherine, les trois temoins muets de cette scene retenaient leur souffle. La jeune femme regarda le mince et severe visage d'un air incredule.
— Non ?... Mon pere... Pourquoi ?
Ce fut un veritable cri de douleur. Lentement, elle se laissa tomber a genoux, tendit les mains dans le geste instinctif des suppliants.
— Pourquoi ? repeta-t-elle avec des larmes dans la voix. Laissez-moi partir ! Si le perds a jamais son amour, mon c?ur s'arretera de battre de lui-meme, je ne pourrai plus vivre.
Les traits rigides s'adoucirent d'une profonde mansuetude. Bernard de Calmont descendit jusqu'a la jeune femme, se pencha vers elle et, prenant les mains suppliantes, la releva doucement.
— Parce que vous ne pouvez partir maintenant, ma fille. Vous ne songez qu'a votre humaine passion, qu'a votre douleur legitime et peut-etre meritee. N'aviez- vous pas encourage ce jeune seigneur a esperer votre amour ? Non, ne me repondez pas. Dites-moi seulement si cet amour vous pousse a la cruaute, s'il n'y a dans ce c?ur entierement donne aucune pitie pour autrui ?
— Que voulez-vous dire ?
— Ceci, sans parler de votre fils qui doit vous retenir ici, laisserez-vous mourir seule, sans votre tendresse, cette vieille femme qui n'a plus que vous, cette mere dont la souffrance est sans doute pire que la votre car vous gardez au fond de vous, tenace, l'espoir obscur de retrouver votre epoux. Tandis qu'elle sait que jamais elle ne reverra son fils... Aurez-vous cette durete ?
Catherine baissa la tete. Dans son desespoir elle avait oublie Isabelle qui se mourait dans son etroite cellule de l'hotellerie conventuelle. Pour Michel seul son c?ur avait redoute de souffrir de la separation. Il avait ete toute son hesitation, tout ce qui avait pu la retenir. Elle n'avait pas songe a la vieille femme. Elle avait honte maintenant, mais, derriere les reproches que lui faisait sa conscience, elle entendait encore protester son amour. Personne ne comptait lorsqu'il s'agissait d'Arnaud. Pourtant, elle s'avoua vaincue sans hesitation.
— Non, dit-elle seulement. - Mais elle se detourna pour chercher le reconfort des bras de Sara qui, tendrement, la serra contre elle.
Avec un soupir, elle ajouta : Je resterai.
Alors, s'eleva la voix rude de Gauthier.
— Vous devez rester, dame Catherine, pour celle qui meurt et pour l'enfant. Mais, moi, je suis libre si vous me donnez la permission de partir. Je peux courir apres messire Arnaud. Qui donc m'en empecherait ? - D'un mouvement violent, il se tourna vers l'abbe qu'il dominait de la tete : Donne-moi un cheval et une hache, homme de Dieu ! Les grands chemins ne me font pas peur, ni les longues chevauchees.
Catherine, que cette explosion avait ranimee, eut pour le Normand un regard debordant de reconnaissance.
— C'est vrai. Tu es la, toi... Tu pourras lui dire que je ne l'ai jamais trahi, mais il n'acceptera pas de revenir vers moi, tu le sais bien. Personne n'a jamais pu faire plier sa volonte.
— Je ferai ce que le pourrai. Du moins le devoir perdra-t-il pour vous le gout amer que vous lui trouvez.
Si messire Arnaud guerit, je le ramenerai de force au besoin. Sinon...
je reviendrai seul vers vous. Me laissez-vous partir?
— Comment le refuserais-je ? Tu es ma seule chance.
— Alors, allons-y, s'ecria Gauthier qui, comme tous les hommes d'action, n'aimait guere les paroles. Nous avons perdu assez de temps comme ca. Faites-moi ouvrir les portes de la ville, et a cheval ! Par Odin, je saurai bien le retrouver... meme s'il faut courir apres jusque chez Mahomet !
— Ici, c'est la maison de Dieu, s'indigna l'abbe. Les idoles n'y ont que faire. Venez avec moi, Catherine, ma fille... allons demander a Notre-Dame du Ciel de veiller sur ce sauvage qui ne la connait meme pas. Ensuite, nous le ferons partir ensemble... Je vous aiderai.
Une heure plus tard, debout pres de la porte sud de Montsalvy, entre Sara et Saturnin, Catherine ecoutait decroitre vers la profonde vallee du Lot le galop du cheval de Gauthier. Leste d'un peu de provisions, de vetements solides et d'une bourse bien garnie, monte sur un vigoureux percheron qui rattrapait en puissance ce qu'il perdait en finesse, le Normand se lancait sur la trace d'Arnaud et de Fortunat.
Quand le bruit se fut eteint au c?ur de la nuit semee d'etoiles, Catherine resserra autour d'elle la mante sombre dont elle etait enveloppee, chercha au firmament la trace blanche de la Voie lactee, que l'on appelait alors le chemin de saint Jacques, et soupira :
— Parviendra-t-il a le retrouver ? Ces regions du sud lui sont aussi etrangeres que le pays du Grand Khan.
— Monseigneur l'abbe lui a dit qu'il devait suivre le chemin marque de coquilles. Il lui a appris le nom des premieres etapes puisqu'il ne pouvait les lui ecrire, dit Saturnin. Il faut avoir confiance, dame Catherine. Bien qu'il ne croie pas en eux, je sais que Madame la Vierge et Monseigneur saint Jacques veilleront sur Gauthier. Ils n'abandonnent jamais ceux que leur generosite pousse sur les grands chemins.
— Il a raison, rencherit Sara en prenant le bras de Catherine. Gauthier a pour lui la force, l'intelligence et la ruse. Il a en lui-meme une foi capable de soulever des montagnes. Viens maintenant, rentrons. Dame Isabelle a besoin de nous et, en embrassant ton fils, tu trouveras le courage de poursuivre la tache qui t'attend encore.
Catherine ne repondit pas. Elle etouffa le soupir de regret qui lui venait et, silencieusement, remonta vers l'abbaye. Mais elle savait bien qu'elle avait seulement plie devant la raison et que le desir de s'elancer, elle aussi, sur les traces d'Arnaud ne la quitterait pas de sitot. Longtemps, ce soir-la, elle berca Michel dans ses bras, rechauffant son c?ur douloureux a son amour pour l'enfant.
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